07/04/10

[Histoire] Chapitre 9 : Emprisonné

Chapitre 9 : Emprisonné

Retour avec Phillipe Granduc...

Ah... non...pourquoi toujours ce cauchemar ? Malgré l'absence du requin, la baleine savait me terrifier et je me réveillais toujours au même moment du mauvais rêve... Et à ma grande surprise, je me réveillais attaché à une table blanche dans une chambre blanche au carrelage blanc et aux murs blancs complétés de grandes baies vitrés blanches. Le plafond était lui aussi blanc et orné de veilleuses représentant la voie lactée. Il n'y avait pas de doute, j'étais dans un bâtiment de l'Armée des Ombres. Je ne savais cependant pas pourquoi et j'avais peine à essayer de me souvenir des raisons. Je regardais alors tout autour de moi en n'y voyant que du blanc éblouissant ma mémoire fragile, jusqu'à ce que cette couleur me rappela un vieil homme : Zamorski dans son élégante blouse blanche. Tout me revint alors, ma mission, mon échec à la bibliothèque de Tarine et ma fâcheuse rencontre avec John - sans doute la cause de ma présence ici. J'étais fier de m'être souvenu de tout mais cela ne me servait à rien puisque que j'étais strictement coincé ici. Il me fallait trouver un moyen de sortir d'ici... mais comment ?

Et alors que je réfléchissais à un plan d'évasion à l'aide des rennes et du traineau du père noël - que j'avais rencontré à la bibliothèque - quelqu'un entra. C'était un jeune homme à la peau et chevelure noire qui contrastait avec le blanc de la pièce. Il s'approcha de moi et se racla la gorge avant de commencer à prendre la parole :
« Phillipe Granduc ?
- C'est moi. Que me voulez-vous ?
- Tout ce que nous voulons, c'est ce qu'il y a de mieux pour vous.
Me dit-il avec un large sourire aux dents blanches et en attendant ensuite ma réponse. Sa voix était amicale et me donnait confiance en lui mais il y avait tout de même un ton mielleux dans ses propos et je ne savais que répondre. Mais une chose était sûr, je ne voulais pas sympathiser avec cet homme sans en connaître davantage. Et constatant le silence, l'homme continua :
- Je m'appelle Frédéric mais vous pouvez m'appelez Fred si vous préférez.
Il y avait constamment son sourire surgissant entre chaque mot qui me débectait à cause de l'effet qu'il dégageait. Ce semblant d'amicalité était effréné et artificielle et ne me donnait que l'envie de quitter au plus vite cette pièce. Je lui répondis donc enfin :
- Je m'en fiche de savoir qui vous êtes, je veux juste savoir où nous sommes !
- Voyons, Phillipe, (Il s'arrêta pour me faire un sourire puis repris : ) ce n'est pas comme ça que l'on se présente. Êtes-vous grognon ? » Dit-il surpris.
J'avais l'impression qu'il me regardait de haut et me considéré comme un enfant mal élevé qui devait être réorienté vers le droit chemin. Je ne pu m'empêcher de pousser un soupire puis lui répondis poursuivant d'un ton sarcastique et agacé en jouant le jeu :
« Monsieur, tout irai mieux si vous me dites où je me trouve et pourquoi.
- Tu peux m'appeler Fred si tu veux.» Répliqua-t-il instantanément avec des yeux vides d'émotions.
Là, il poussait le bouchon trop loin. J'avais du mal à contenir mon envie de le faire taire et je me mis alors à lui crier dessus en tentant de briser les liens qui me retenait :
« Non ! NON ! Je ne veux pas vous connaître ! Tout ce que je veux c'est avoir des réponses ! Si vous ne voulez pas me répondre, alors vous ne voulez pas ce qu'il y a de mieux pour moi !
- Mon pauvre Phillipe, vous êtes déboussolé ! Vous ne savez même plus ce qui est bon pour vous. Cessez de vous agiter (Il me remontre ses dents puis reprend : ), vous allez vous blesser.
- Bordel ! Vous allez cesser de me sourire !? (m'agitant encore plus : ) Répondez moi ! C'est tout ce que je vous demande ! Je ne collaborerai pas avec vous tant que vous ne m'aurez pas répondu !
Il secoue la tête de gauche à droite puis me dit :
- Il n'est pas question que vous collaborez avec nous. Nous voulons juste votre bien (large sourire puis : ) et si vous ne comprenez pas ceci, vous devez sans doute encore réfléchir un peu, Phillipe. Sur ce, je vous laisse.  (Se lève, puis : ) Je reviendrai ce soir avec votre dîner.
- Ne revenez jamais, je serai plus tranquille ! »

J'étais seul, tout seul dans l'immense salle blanche et vide. Je n'avais rien à faire si ce n'est réfléchir sur ma situation. J'étais attaché sur cette table en plein centre de la pièce et je devais sauver le monde. Pour cela, je devais quitter cet endroit mais comment ? Les liens qui me retenait m'empêchait de bouger les bras, les jambes et le torse. Seul quelqu'un d'externe pouvait me libérer mais qui ? J'étais isolé...
Et soudain, une idée me vint. Zamorski m'avait dit que j'étais le messie d'une force inconnue, peut-être allait-elle pouvoir me sauver si elle connaissait ma situation. Ou bien avais-je hérité de pouvoirs surnaturels ? Le seul problème était d'accéder à cette élévation divine. Je me mis alors à prier dans le doute au nom de je ne sais pas quoi ou plutôt qui. Une fois ma prière exhaussée, j'attendais. Et là subitement, je me trouvais à nouveau en train d'attendre et encore attendre et rien ne se passait...
Il ne me restait plus qu'une seule hypothèse : ma possession de pouvoirs magiques ; mais lesquels ? En supposant que je pouvait céder les liens par le simple regard je me mis à les fixer. Je me concentrais dessus. Ils étaient blancs et en Polychlorure de Vinyle (PVC). Ils étaient légèrement trop serrés et comprimés mes membres et mon torse provoquant des démangeaisons à ces parties. Les liens ne bougeaient pas. Je les synthétisais et reproduisais pourtant dans mon esprit, les imaginant se détruire, se désintégrer mais rien n'y faisait ! Je n'avais sûrement aucun pouvoirs. Je me m'étais à douter au sujet des propos de Zamorski. Peut-être qu'avec l'âge, le vieil homme avait perdu la tête. Et une fois que je m'étais fait à cette raison, je laissais le temps s'écouler jusqu'au diner. Étais-je devenu fou à mon tour ?

Comme convenu, l'homme au sourire excessif - non, Frédéric - revenait me voir. J'étais prêt à me confier un peu plus à lui pour le tester. j'allais le laisser parler. Il se contenta pourtant de fixer mon regard comme s'il m'évaluait intérieurement. Et une fois satisfait, il me sourit puis me dit :
« Alors, Phillipe, ça va mieux ?
- Un peu mais vous comprendrez que je ne suis pas installé confortablement, Frédéric.
Quand j'eusse prononcé le nom de l'homme, il fit une grimace avec un oeil plus grand que l'autre montrant qu'il était agréablement surpris puis, toujours avec le sourire, il me répondit :
- Vous avez l'air d'aller mieux, Phillipe. Vous ne serez pas déçu de ce changement de comportement car je vous apporte un fabuleux diner !
Frédéric avait l'air de s'amuser, ce qui n'étais pas mon cas et je lui dit alors avec tout le sérieux d'un colonel de guerre :
- Je m'en régalerai bien mais il m'est impossible de me nourrir. Pouvez-vous me détacher que je puisse utiliser des couverts ?
Le jeune homme se gratta le menton, ne savant que décider. Et pendant ce temps, j'imaginais tous ce que j'allais enfin pouvoir faire. Détaché, j'allais avoir la possibilité de le faire cesser de sourire et peut-être même de m'enfuir pour vérifier la folie de Zamorski. Je serai libre. J'avais plein d'ambition et Fredo me répondit finalement :
- Je ne pense pas que vous soyez encore prêt. Nous devons être sûr que vous ne faite pas semblant d'aller mieux.
- Mais, Fred, comment vais-je manger ?
- C'est très simple (il rit avec le sourire puis me dit : ), je vais vous nourrir moi même. Allez ! Ouvrez grand la bouche, Phillipe. Peut-être que vous serez libre de vos mouvements demain si vous continuer à être coopératif. »
Il pris alors une cuillère et la plongea dans une purée de carotte à forte odeur. Cette cuisine me rappelait la cantine de l'A.O. et m'éloignait de la douce soupe de Zamorski. Elle avait juste l'air dégueulasse mais l'envie d'être libre me fit ouvrir la bouche. La première cuillère passa difficilement mais les suivantes furent bonnes. Jusqu'à ce qu'un moment, Frédéric rata ma bouche et m'enfonça de la purée dans mon nez. Mes narines était encombré de la mixture orange et l'homme ne pouvait s'empêcher de glousser niaisement. Une fois calmé, il s'excusa et continua de me nourrir. Manque de chance pour moi, il écrasa cette fois la cuillère sur ma joue droite et il recommença en laissant la purée caresser délicatement mon visage de sa matière spongieuse.

A la fin de cette acte de bravoure, mon visage ressemblait à un champ de mine orange. Frédéric passa tout de même un coup de chiffon sur ma face comme à une vieille table trop poussiéreuse que l'on souhaite réutiliser, laissant un peu de purée de ci et de là. Ensuite, il me borda dans une vieille couette à l'odeur de renfermé, me fit la bise, me raconta une histoire, puis me souhaita de bien rêver en s'en allant lentement de peur de me gêner. Là, je l'arrêtai :
« Frédéric, attendez ! J'ai peur !
- De quoi avez-vous peur Philou ? (Il s'était permis en cours de repas de me trouver un surnom).
- Tout les soirs, en dormant, je fais un terrible cauchemar.
- Phillipe, Phillipe, Phillipe... (répéta-t-il en s'approchant de moi puis en s'asseyant sur ma table servant de matelas avant de continuer son discours : ), vous êtes grand. (Il me tapote l'épaule puis : ) Combattez ce cauchemar ! Demain sera un autre jour, nous en discuterons plus en détail. (il me fit un sourire finale, plus gracieux que les autres et me dit : ) Je reviendrai à votre réveil, c'est promis ! (Il se lève et termine finalement par un : ) A demain matin, champion ! »

Et je fis le même cauchemar comme toujours où moi adulte intervient pour interrompre la serviette-capuche requin. Mais au lieu de voir la suite jusqu'à l'arrivée de la baleine, j'entendais des voix me disant « Calme toi, Philou, ce n'est que le fruit de ton imagination. » et je sentais une sensation de frottement d'épaule. Une odeur de purée de carotte surgissait aussi et je me réveillai d'un seul coup. Là, devant moi, Frédéric me dévisageait, semblant être apeuré par ce qui pouvait bien m'arriver. Il m'attaqua directement de questions multiples sur ma santé jusqu'à une qui m'intéressa plus particulièrement : « Tu veux me raconter ce que tu as vécu, Phillipe ? ». Je lui racontai alors tout, tout en entier dans les moindres détails. Il secouai la tête en signe d'acquiescement et notait sur un bloc note les mots clef de mon récit. A la fin, il fit un sourire différents des autres...ce sourire me procurait un étrange sentiment obscur. Il me dit ensuite :
« Merci, mon grand. Je vais voir ce que je peux faire pour toi. Je reviens !
- Attendez, Fred, pouvez-vous au moins me détacher ? J'ai envie d'aller au toilette et j'en ai assez d'être allongé.
- Bien sûr ! »
Une fois libérer de mes liens, j'avais l'impression de voler parmi les nuages. Frédéric m'indiqua une porte blanche cachée dans les murs blancs et ferma tout de même la sortie à clef derrière lui. J'ouvrai la mystérieuse porte et je vis des cabinets d'aisances. Lorsque je fus assis dessus je compris tout... « Putain, je suis tombé dans son piège ! »

Posté par Green limon à 15:27 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur [Histoire] Chapitre 9 : Emprisonné

    Saisissant.

    Je ne pense pas que ce soit ton meilleur chapitre, mais il est très sympa.
    Le passage de la purée de carotte est énorme : D et ce nouveau personnage est sympa et a un caractère bien débile ^^

    Bon par contre, ta fin met trop de suspense xD c'est insoutenable !

    Posté par Arnonaud, 07/04/10 à 21:34 | | Répondre
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