05/02/10

[Histoire] Chapitre 7 : Échec désolant

Chapitre 7 : Échec désolant

9 heures

Je pris mon trench-coat et saluai Zamorski. Il me donna son numéro de téléphone et me pria de l'appeler lorsque je rencontrerai des problèmes. Quelques larmes s'échapper de son minois et je me mis à consoler le vieil homme avant de le quitter. Il était triste, il avait peur de me perdre pour toujours mais il étais temps pour moi de trouver cette rue Gragnotte !
J'enfourchai ma MPC (Moto sur Patte de Canard), la démarrai et juste avant de partir à toute allure vers la ville la plus proche - Tarine - Zamorski m'empoigna le bras. Il mit alors dans la paume de ma main ma montre, ma si belle montre que je pensai avoir perdu. Des larmes commençaient à couler de mon œil et le vieux, humide du visage, esquissa un large sourire réconfortant. Je devais libérer les Hommes des dinosaures, même si cela exigeait de moi à ne plus jamais revoir mes amis ! Je parti alors rapidement pour raccourcir les adieux - ce n'était pas mon fort.

Sur la route, j'avais l'impression de me noyer dans un flot de triste langueur qui, par une invisible pente, descendait jusqu'au fond de mon coeur. Et quand je fus arrivé à destination, je m'empressai de garer ma deux-roues pour m'arrêtai dans un bar où j'allais pouvoir réfléchir.
Je marchais donc dans la rue jusqu'à trouver le bâtiment aux allures parfaites : Le tamarin. C'était un petit bar-restaurant à la façade en bois aussi rouge que l'intérieur d'un piment. J'entrai alors et un jeune homme hindou m'accueillit. Il m'installa à une table en se cahotant et parti m'apporter le menu. L'intérieur de l'établissement possédait une atmosphère enchanteresse loin de tout ce que j'avais jusqu'alors connu. Une musique au rythme et chants entraineurs me donnait envie de balloter mon postérieur et d'agiter les bras de haut en bas avec une légère translation vers la droite. Les murs, contrairement ceux à quoi je m'attendais, était marron avec néanmoins un petit peu de rouge foncé peuplé de frises très élégantes en forme d'éléphants. L'intérieur était très sombre et encombré de décoration de tout genre. Il y avait un grand nombre de statue au corps de gros homme de couleur rouge avec quatre bras et une tête d’éléphant à une seule défense. Cet art me parlait, je me sentais chez moi dans ce décor et je me mis à me lever pour me secouer dans tous les sens comme j'en avais envie. Le serveur arriva et me tendis le menu. Je le pris et le questionna sur ces magnifique statues, ne cessant pas de danser. Il m'expliqua qu'elles représentaient Ganesh, le dieu de la sagesse, de l’intelligence, de l’éducation et de la prudence, le patron des écoles et des travailleurs du savoir. Il était son idole et celle de toute sa famille.
Je n'avais pas très faim, surtout que ma merveilleuse montre n'indiquait que dix heures, mais pour faire plaisir à cet aimable homme, je commandai le plat "tamarin", pour 7Euros, prix que je trouvais très raisonnable. Le serveur me laissa et revint quelques minutes plus tard avec un jus frais et un riz colombo accompagné d'un étrange légume pilé. Il reparti et revint de nouveau mais avec une confiture. Il me dit alors en déposant la confiture sur la table :
« Cadeau de la maison. On appelle cette confiture "Chagrin d'amour" et j'ai l'impression que vous en souffrez.
- Merci c'est très gentil. Mais ne vous en faites pas, tout vas bien. »
Il y eut un léger silence et l'hindou me fixer. Je l'interpelai et lui demandai :
« C'est très bon. C'est fait à base de quoi ?
- Tout est fait avec du Tamarin.
- Même la limonade ? Demandais-je surpris.
- Ce n'est pas une limonade. C'est du tamarin, monsieur ! Sa chair dissoute dans l’eau donne une sorte de limonade particulièrement rafraîchissante. »
La discutions continua mais j'étais incapable de prêter d'avantage d'attentions à ces explications, j'étais né comme ça, avec ce défaut de concentration et mes "deux" mamans me réprimandait souvent pour ceci.

Enfin, je fini de me régaler, je payai le repas et quittai le restaurant tristement. Adieu rythme passionnant, adieu Ganesh, seigneur tout puissant. Mais après quelques pas en dehors du restaurant, je réalisai que je ne savais où allais... Je jetai alors un coup d'oeil à ma montre - mouvement qui m'avait énormément manquait -, il était aux alentours de onze heures moins le quart. Mais où pourrait bien être La rue gragnotte ? Elle aurait pu changer de nom et les villes, en ce temps, ne se nommait pas de la même sorte. Je devais quand même tenter ce que je pouvais et j'entrai alors dans la bibliothèque. Là, je me rendis au bureau de la documentaliste – une jeune fille, rousse, au teint étrangement pâle et envahit de tache de rousseur. Cela lui donnait un air de père noël et sa façon de se déplacer était très maladroite. Détail qui su me séduire mais je repris vite mes esprits afin de ne pas sombrer dans ce charme maladroit. Elle s'approcha alors vers moi et me demanda si elle pouvait m'aider. Je lui expliquai ma situation et elle me donna un endroit où aller afin de trouver les anciennes cartes. Je la remerciai et, sur le chemin, je cru entendre un « ho ho ho ! » d'un ton bien trop rauque pour une damoiselle. Je me retournai alors brusquement mais la jeune femme avait disparu. Il n'y avait plus personne mais j'en concluais qu'elle était le père noël, ou plutôt la fille noël ; j'en étais sûr et j'aurai pu le parier !

Ma bonne étoile était avec moi et je m'en allai, d'un déplacement courtois, vers le lieu qui me fut indiqué. Cela pris un certains temps, surtout de façon courtoise, et je vis beaucoup de visages défilés devant moi. Mais, à la vue d'un visage en particulier, je m'arrêtai. C'était un kangourou avec une moustache italienne et une toque. Je lui serrai la main et il me proposa une pizza en échange. Je refusai coquètement et reparti vers la salle que le père noël me conseillait. C'était une étroite pièce, sans fenêtre, dont la lumière ne provenait que d'une vieille lampe qui avait vécu bien trop longtemps. Il n'y avais en guise de mobilier qu'une petite bibliothèque, une table rectangle, deux chaises au dossier misérable et de larges sacs trainant un peu partout, contenant des cartes poussiéreuses et dans un piteux état. Je consultai rapidement les livres de l'unique meuble et vit un escargot, avançant tranquillement à son rythme sans réellement savoir où il allait. Douce ironie, je me reconnu sans la moindre difficulté à la place de cette escargot. J'allais bavouiller sur les cartes, lentement, sans savoir où regarder exactement. Je pris alors l'hermaphrodite et le mis sur la table. Je l'examinai un certains temps sans faire vraiment attention à l'heure qui s'écoulait. Mais, lorsque l'escargot fut sur le dessous de la table je jetai un vague coup d'oeil à ma montre. Et il était midi vingt quatre !

Dans quelques minutes, la bibliothèque allait fermer. Merde, moi qui étais fasciné par cet escargot avais gravement retardé ma quête. Je pris alors au hasard une carte et me hâta de la déplier. Surprise, quelqu'un avait gribouiller la carte d'un dessin bien curieux. Ce dernier ressemblait à un escargot ! La rage quitta alors mon corps et j'écrasai violemment la minuscule créature, bavant sur la table. Elle fit un drôle de bruit et je me mis à pleurer. Que m'arrivait-il ? Je perdais contrôle de mes émotions. N'étais-je pas fait pour sauver le monde ? Ne serai-je pas le messie d'une force inconnue ? Je perdis toute raison en moi et je m'écroulai sur la chaise, inconfortablement.
Après un moment inactif, perdu dans mes pensée et sans la moindre motivation, quelqu'un me happa. Je ne faisais pas réellement attention à lui et à ce qu'il me disait, jusqu'à ce qu'un colosse baraqué de deux mètres de haut, en costume avec un chapeau melon sur lequel était écris « sécurité » à coté d'une image de tête faisant un clin d'œil, me pris et me jeta dehors.
Je me retrouvai à l'extérieur de la bibliothèque, sans rien à faire si ce n'est attendre. J'allai alors dans un bar, cette fois provincial, et me pris une bière pression pour recouvrer de ma lucidité. Mais ce fut un échec. J'appelai alors Zamorski, qui répondit directement.
- Allo ? Phillipe ?
- Oui, c'est bien moi. Tu m'avez dit de t'appeler dès que je rencontrerai un problème ? Et bien voilà...
- Je t'écoute, qu'est-ce qu'il y a, mon grand ?
Je lui expliquai alors tout : mon absence de talent de chien-détective, l'escargot, mon horloge interne inexistante, mes sentiments incontrôlables...tout !
Je devinais qu'il se massai les paupière avant de préparer son discours et me répondit.
- Dis moi, tu aimerai un peu de soupe ?
Il est vrai que sa soupe était excellente mais là n'étais pas le problème. Je soufflai un coup et lui répondit non calmement, contrôlant ma rage.
Il y eut un silence puis je compris, le vieil homme m'avait poser cette question pour voir si j'allais réussir à contrôler mes émotions. Je le remercie donc et il reprit.
- Tu vois, tu peux catalyser cette rage, et en le faisant, je suis sûr que tu peux contrôler un pouvoir redoutable. Maintenant, relève toi, va déjeuner, et retourne à la bibliothèque. Elle rouvre l'après midi vers quinze heures. »
Je ne su que lui dire en remerciement et me contenta d'un simple et typique « merci » puis raccrocha. Je devinais Zamorski, un sourire au lèvre, tel papy Gilles lorsque je lui demandais de me raconter ses aventures d'explorateurs. Ce déclic me rappela une information essentiel : le nom de la ville où j'ai acheté la serviette-capuche ; c'est à dire, Marseille !
Il me fallait cependant attendre jusqu'à quinze heure et il n'était à peine qu'une heure de l'après midi.
Je cherchai alors un endroit ouvert pour passer le temps et je vis un club d'échec. Je m'y arrêtai et, surpris, je vis John.

J'essayais de passer mon chemin sans me faire repérer mais John me vit à son tour et accourut vers moi :
« Phil' ! Qu'est-ce que tu fous ici ? »
Je ne voulais pas lui répondre, il faisait parti de l'Armée des Ombres et si Zamorski m'y avait kidnappé c'est qu'il y avait une raison. Il me secouait les épaules de plus en plus fort, et continuait de me questionner :
« Phillipe ! Tu m'entend ? Phillipe, on t'a cherché partout ! Qu'est-ce que tu fous ici ? »
Toujours aucune réponse de ma part...
« Bordel ! Répond-moi, Phil' ! Bon...désolé, mais tu ne me laisse pas le choix... mon frère.»
D'un seul coup, je compris ! Ce n'était pas la première fois que John tentait ce qu'il allait faire. Il me frappa d'un puissant uppercut à l'estomac qui me plia en deux - nouveauté dans sa technique qui m'empêcha de faire quoique ce soit - puis, ses mains jointes, m'assomma à l'aide d'un coup dévastateur au niveau de la tête.

Posté par Green limon à 08:48 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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